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by Marcel Gauguery (Author)
« Quand, à la fin du mois de juillet 1914, survint la tension diplomatique entre les Empires centraux et les puissances de l'Entente, nos hôpitaux étaient en pleine période d'améliorations intérieures et d'extension: l'Hôpital civil s'agrandissait en façade de la rue de Strasbourg, l'Hospice Saint-Julien se voyait doter du pavillon Louise-Elisabeth; la Maison Marin avait été organisée en établissement hospitalier quelques années auparavant; l'Hôpital H. Maringer venait d'être ouvert depuis trois mois et l'Hôpital Villemin était fort avancé dans sa construction. La Commission administrative employait, en un mot, toute son activité à développer les moyens qu'elle pouvait avoir à sa disposition pour soulager la souffrance et la misère, sans que jamais son attention ait été attirée sur la destination que pourraient recevoir ses établissements en cas de guerre, ou encore sur le rôle qu'on pourrait leur demander de remplir. C'est dire une fois de plus que, dans nos hôpitaux comme dans la France entière, malgré les menaces répétées de l'Allemagne, on ne pouvait se faire à l'idée d'une guerre !
Aussi, dès les premiers bruits de désaccord, avant même que l'on ait pu croire réellement que la tension pût amener notre pays à la guerre, la Commission eut-elle la grave préoccupation de songer au sort de ses établissements et d'examiner les moyens de leur faire rendre éventuellement à la Nation le maximum de services.
La mobilisation devait priver l'Administration hospitalière de la presque totalité de son personnel administratif, de nombreux membres du corps médical et de presque tous ses infirmiers. Il fallait songer à s'assurer des concours nouveaux et nombreux, penser à étendre la capacité d'hospitalisation des établissements, constituer des stocks d'approvisionnement, réaliser des ressources pour avoir de l'argent liquide et prévoir le règlement de combien d'autres questions importantes.
Dès le 31 juillet, la Commission administrative convoquée d'urgence par son vice-président, M. Alfred Krug, procéda à l'examen approfondi de toutes ces questions. Le renvoi de tous les malades civils dont l'état de santé le permettait sans crainte de complications, fut envisagé; le directeur-économe, M. Brousse, fut invité à constituer, par mesure de précaution, d'importants stocks de farine, vin, épicerie, chauffage, etc., etc.; le pharmacien-chef, M. le professeur Guérin, fut prié de se tenir prêt à faire face à la situation, et le receveur, M. Babou, fut chargé de retirer des fonds de la Trésorerie générale.
La Commission administrative étudia, en outre, un projet d'installation de lits militaires dans ses divers hôpitaux et hospices et, pour doubler encore ses moyens d'action, rechercha quels établissements de la ville pourraient éventuellement être mis à sa disposition. Elle projeta enfin la création d'un brassard et d'une lettre de service qui seraient remis en cas de mobilisation à chaque personne attachée à ses hôpitaux, de façon à lui faciliter, de jour comme de nuit, une libre circulation dans les rues de Nancy.
Toutes ces précautions ne devaient pas être inutiles. Le lendemain, 1er août, la Commission, réunie à nouveau, con